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EMPLOI ET CHÔMAGE

Un quart des 30-59 ans se sentaient déclassées socialement par rapport à leur père en 2014-2015

Un quart des 30-59 ans se sentaient déclassées socialement par rapport à leur père en 2014-2015
35,8 % des personnes de 30 à 59 ans estimaient que le niveau ou le statut de leur profession était supérieur à celui de leur père, contre 25 % qui estimaient l’inverse, indique l’Insee dans une étude publiée le 12 juillet 2017 et portant sur les années 2014 et 2015. Pourtant, dans les faits, 23,9 % de ces personnes connaissaient effectivement une mobilité sociale ascendante et 21,7 % une mobilité sociale descendante.

35,8 % des personnes de 30 à 59 ans estimaient, en 2014-2015, que le niveau ou le statut de leur profession était supérieur à celui de leur père, indique l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans une étude publiée le 12 juillet 2017. À l’inverse, un quart de cette population se considérait déclassé socialement par rapport à leur père. Ce sentiment de déclassement est certes présent dans tous les milieux sociaux, mais à des niveaux variables : 36 % chez les employés et ouvriers non qualifiés contre près de 20 % chez les cadres.


Un sentiment de déclassement justifié pour 43 % des personnes…


L’Insee identifie quatre types de trajectoires sociales : mobilité sociale ascendante (23,9 % du panel), mobilité sociale descendante (21,7 %), immobilité sociale (32,8 %) et mobilité de statut (21,6 %). Selon l’étude, 43 % des personnes qui se sentent déclassées connaissent effectivement une mobilité sociale descendante alors que 29,5 % connaissent en fait une absence de mobilité sociale (même catégorie professionnelle que leur père), 19,6 % une mobilité de statut (mobilité entre catégories salariées et non salariées ou au sein de catégories non salariées) et 7,6 % une mobilité ascendante.


… plus présent chez les femmes que chez les hommes…


Lorsqu’elles se comparent à leur père, l’appréciation des femmes quant à leur mobilité sociale est en général moins favorable que celle des hommes. En effet, l’étude nous apprend que 27,3 % d’entre elles se considèrent moins bien classées socialement que leur père, contre 22,5 % des hommes. Selon l’Insee, « cet écart s’explique en grande partie par les inégalités de genre sur le marché du travail » et une mixité des métiers encore insuffisante avec « une surreprésentation masculine dans les métiers les plus qualifiés » et une « surreprésentation féminine dans les emplois non qualifiés ».


En revanche, lorsqu’elles se comparent à leur mère, les femmes ne sont plus que 11,2 % à se sentir déclassées (contre 9,4 % des hommes).


Notons également que les femmes cadres sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes cadres à se sentir déclassées par rapport à leur père (20 % contre 15 %), cela pouvant notamment s’expliquer par les différences de rémunération existant entre les femmes et les hommes.


… et pouvant parfois s’expliquer par les conditions d’emploi


Si les employés et ouvriers sont les plus sujets au sentiment de déclassement (30 % d’entre eux se sentent déclassés et ils représentent 60 % des personnes se sentant déclassées), ce sentiment varie fortement selon les professions, constate l’Insee. Il est en effet plus élevé pour les ouvriers agricoles (45 %), les caissiers (43 %), les serveurs, aides de cuisine et employés d’hôtel (40 %) ou encore les vendeurs non spécialisés (37 %). L’explication se trouverait dans les conditions d’emploi moins favorables (davantage de temps partiel, risque de chômage plus élevé et revenu plus faible) et les mobilités sociales descendantes effectivement plus fréquentes. Ainsi, « le sentiment de déclassement est plus faible chez les ouvriers qualifiés, notamment ceux de l’industrie, du BTP ou de la mécanique et du travail des métaux pour lesquels la mobilité sociale descendante est plus faible », ainsi que chez les militaires, les policiers, les surveillants pénitentiaires et les pompiers pour lesquels le risque de chômage est plus faible et les rémunérations plus élevées.


Un autre enseignement tendrait à confirmer l’explication par les conditions d’emploi : le fort sentiment de déclassement des cadres exerçant des professions de l’information, des arts et des spectacles (30 %, contre 18 % de l’ensemble des cadres). En effet, dans ces professions, la proportion de CDI et les rémunérations sont plus faibles que pour les autres cadres.


INSEE, Première n° 1659, juillet 2017

www.wk-ce.fr/actualites/upload/insee-premiere-1659-declassement-social-juillet2017.pdf

Liaisons Sociales Quotidien, 09/08/2017
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