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CONTRAT DE TRAVAIL

France Stratégie dresse une typologie des métiers selon les statuts d’emploi

France Stratégie dresse une typologie des métiers selon les statuts d’emploi
Dans une note publiée le 21 septembre, France Stratégie dresse l’évolution sur 30 ans des formes d’emploi dans différents métiers. Si les contrats à durée limitée se sont développés, dans près d’un métier sur deux, le CDI régule plus de 80 % des emplois, soulignent ses auteurs. Néanmoins, cette stabilité « apparente » du CDI masque deux mouvements contraires : l’augmentation du salariat chez les « indépendants traditionnels » et l’augmentation des contrats à durée limitée.

« À chacun son métier et donc son statut d’emploi », indique France Stratégie, dans son étude du 21 septembre intitulée « Salarié ou indépendant : une question de métiers ? ». Depuis 30 ans, les statuts alternatifs au CDI ont modifié la relation d’emploi : l’usage des contrats à durée limitée (CDL) s’étend de manière inégale selon les métiers et le non-salariat, après avoir beaucoup régressé, touche désormais de nouvelles professions. C’est à partir de cette « variabilité » que les auteurs dressent une nouvelle cartographie des métiers organisée en quatre classes : les permanents, les indépendants traditionnels, les intermittents et les « free lances et néo-artisans ». Pour autant, si le statut d’emploi est lié au métier, il révèle encore plus encore les disparités entre catégories socioprofessionnelles.


Le visage de l’indépendance a évolué


En 30 ans, la part des « indépendants traditionnels », dont beaucoup ont été absorbés par le salariat, a régressé pour s’établir en 2014 à 13 % de l’emploi total, observe France Stratégie.
Leur part chez les non-salariés a littéralement fondu, passant de 69 % en 1984 à 48 % en 2014. Selon les auteurs, une grande partie de ce phénomène est liée à la chute de l’emploi agricole, suite à « la modernisation des exploitations et la diminution des surfaces cultivées ». En 30 ans, le nombre d’agriculteurs a ainsi été divisé par quatre et la part du salariat a été multipliée par deux. Le recul des petits commerces et l’essor des industries agroalimentaires, qui emploien t désormais les 3/5e des bouchers, charcutiers et boulangers, expliquent également que le salariat ait progressé au détriment des indépendants. Par ailleurs, les nouveaux médecins ont eu moins tendance à se mettre à leur compte pour exercer davantage en hôpital ou dans des centres médico-sociaux. Enfin, dans les professions libérales, des entreprises de grande taille dans les activités juridiques et financières se sont formées, induisant davantage de recrutements en CDI.
Néanmoins, cette tendance est contrebalancée, depuis dix ans, par une augmentation des « free lances et néo­artisans », catégorie de métiers pour lesquels l’indépendance statutaire est supérieure à la moyenne (27 % contre 11 %) et surtout en forte progression (+ 4,0 % par an entre 2005 et 2014 contre + 0,7 % pour l’ensemble des non-salariés). Corollaire de la tertiarisation de l’économie, ce groupe, qui englobe notamment les plombiers, les menuisiers, les électriciens, les métiers de l’information­communication, les professions paramédicales, les formateurs ou encore les graphistes représente aujourd’hui 12 % de l’emploi total. 74 % de ces « free lances et néo-artisans » n’emploient aucun salarié en 2014. Certains d’entre eux n’ont, par ailleurs, qu’un nombre restreint de clients, parfois même un seul. France Stratégie souligne ainsi que pour cette raison, 13 % d’entre eux (soit 1 % de l’emploi total) sont « économiquement dépendants » et n’ont ainsi que peu de marges sur leurs tarifs et leurs conditions de travail.


Le salariat reste la norme


« Le non-salariat est loin de se généraliser pour autant », puisque « dans plus d’un métier sur deux, les actifs en emploi sont tous salariés », souligne France Stratégie. Parmi eux, le rapport identifie « les permanents » (47 % de l’emploi total), qui travaillent dans la fonction publique, la banque, l’assurance, l’ingénierie informatique ou encore la petite enfance. Dans ces professions, 90 % des postes sont en CDI et les contrats à durée limitée (CDL) et le travail indépendant n’y « progressent que marginalement ».
À côté de ces permanents, figurent « les intermittents » (28 % de l’emploi total), regroupant une catégorie de métiers au sein desquels les CDL se sont développés (22 % contre 12 % de l’emploi total). Selon le rapport, ce phénomène a été encouragé par la création de contrats dérogatoires au CDI, notamment les CDD à objet défini ou de mission.
Le recours au CDL va néanmoins très au-delà des métiers à forte saisonnalité et intermittence (vente, spectacle, tourisme, etc.), touchant aujourd’hui des métiers qui étaient majoritairement en CDI il y a 30 ans. C’est notamment le cas des employés administratifs qui gèrent les factures, la paie et l’accueil dans les entreprises ou les opérateurs de l’informatique (installateurs d’ordinateurs et de périphériques) dont la part des CDL est aujourd’hui très supérieure à la moyenne observée sur l’ensemble des emplois.


Le niveau de qualification protège de la précarisation


Par ailleurs, « si le statut d’emploi est lié au métier, il révèle plus encore les disparités entre catégories socioprofessionnelles ». Ainsi, selon France Stratégie, entre 1984 et 2014, la part du CDI chez les ouvriers peu qualifiés est passée de 88 % à 67 % de l’emploi. « Un ouvrier peu qualité sur trois est aujourd’hui employé en CDL, une proportion trois fois supérieure à celle observée sur l’ensemble des emplois ». A contrario, plus de 80 % des cadres sont en CDI, « une proportion supérieure à la moyenne (75 %) et très stable depuis 30 ans ».


France Stratégie, note d’analyse n° 60, 21 septembre 2017
www.wk-ce.fr/actualites/upload/france-strategie-rapport-independants-21septembre2017.pdf

Liaisons Sociales Quotidien, 10/10/2017
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