Oubliez le schéma simpliste selon lequel les syndicats, sur le déclin, sont de moins en moins présents dans les entreprises. Une étude du Centre d’étude de l’emploi (CEE) bat en brèche cette idée reçue. L’enquête, signée Thomas Amossé et Loup Wolff, révèle au contraire qu’ils n’ont jamais été aussi bien implantés dans le secteur privé. « La présence des représentants syndicaux, et donc la couverture syndicale, progresse régulièrement, notamment depuis une quinzaine d’années », indiquent-ils.
64 % des établissement d’au moins 50 salariés en sont pourvus, contre seulement 54 % au début des années 90. Les facteurs d’expansion ? La concentration, qui a abouti à la création de grands groupes. Il a bien fallu trouver des interlocuteurs pour négocier des accords. La législation, qui pousse de plus en plus vers le dialogue : 35 heures, lois sur la participation et développement de la prévoyance collective.
Autant de sujets qui ne peuvent être traités unilatéralement depuis le bureau d’un DRH. Pour autant, les syndicats ne sont pas de simples courroies de transmission , ni des partenaires institutionnels inertes. Leur « capacité à mobiliser les salariés reste intacte », soulignent les chercheurs. La preuve : les taux de participation aux élections restent élevés dans les entreprises.
Les moments de légitimation les plus marquants sont toujours les conflits, qu’ils soient collectifs ou non. Un salarié sur deux affirme avoir recours à un syndicat en cas de difficulté. En revanche, le nombre d’adhérents continue de baisser. On compte, en moyenne, seulement trois salariés syndiqués par représentant élu ou désigné.
Représentativité syndicale : De la présomption à la démonstration
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