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Emploi des seniors

Des négociations senior à la va-vite ?

Des négociations senior à la va-vite ?
Chez Carrefour comme chez Dassault, les syndicalistes pointent les lacunes des accords sur l'emploi des seniors, notamment sur la pénibilité.

 

Malgré le volontarisme affiché par le gouvernement, qui présentait son plan en faveur de l’emploi des seniors en juin dernier, et les menaces de pénalité (1), les accords d’entreprise spécifiques sur cette thématique ne sont pas légion. Dassault Aviation et Carrefour sont, elles, dans les clous de la législation. À la CGT, chez Dassault Aviation, on estime d’ailleurs que c’était là la priorité de la direction : « Nous considérons que la direction avait surtout la volonté de s’affranchir des pénalités encourues et de sauver l’apparence du dialogue social au sein de l’entreprise », pouvait-on lire dans un communiqué du syndicat du 23 octobre.

 

La pénibilité mal abordée chez Dassault

« Ce qui gêne dans cet accord, ce n’est pas tellement ce qui est écrit mais surtout ce qui ne l’est pas », souligne Dominique Richard, DS central Dassault Aviation, non signataire. Rien sur la pénibilité ni sur la prévention par exemple, note le syndicaliste. « Il est pour le moins révélateur de constater que la direction refuse d’exempter d’heures supplémentaires les seniors qui en feraient la demande », ajoute ce dernier.

 

Raymond Ducrest, délégué central CFDT, non signataire, regrette la manière dont a été abordée la pénibilité. Comme la CGT, il demandait une vraie cartographie mentionnant les métiers et les postes exposés. « Nous voulions traiter la pénibilité à la source plutôt que de chercher à la réparer, souligne -t-il. Une visite médicale annuelle pour les plus de 55 ans, comme prévu dans l’accord, ne permettra que de constater les dégâts pour adapter ensuite les postes. Nous voulions aussi aborder la question du report du travail sur les salariés qui restent en cas de départs anticipés, ce qui entraînera une augmentation de la pénibilité. »
Autre sujet d’insatisfaction soulevé par la CFDT : la demande de temps partiel de salariés âgés aurait justifié une prise en charge financière dégressive et conséquente pour compenser le manque à gagner d’un départ anticipé, même si le passage à mi-temps n’est pas accompagné d’une baisse équivalente des cotisations retraite, ni n’entraînera de proratisation de l’indemnité de départ en retraite.

 

Indemnités décevantes chez Carrefour

Chez Carrefour, l’accord (consulter l'accord) prévoit une compensation de revenus mais pas de cotisations. Ce que dénonce la CGT, qui ne l’a pas signé : « À 54 ans, les salariés pourront opter pour une réduction par paliers de leurs temps de travail, avec compensation partielle de revenu, en réalité une prime dérisoire de 750 euros la première année, et de 500 euros les années suivantes, mais quel sera le montant de leur retraite avec le salaire actuel qui est au Smic ? », considère Claudette Montoya, DS centrale CGT Carrefour.

 

Bizarrement, au cours des négociations de cet accord sur l’emploi des seniors, les syndicats se retrouvent à parler plutôt… des conditions de départ des salariés les plus âgés ! « Lors de la première réunion, toutes les OS présentes ont demandé qu’une réflexion soit engagée sur comment partir plus tôt, car c’est ce que veulent les salariés », raconte ainsi Serge Corfa, délégué national Hypermarchés à la CFDT et signataire de l’accord. « L’accord est censé faciliter le maintien dans l’emploi, mais nous avons signé, car plusieurs clauses vont permettre aux seniors de partir », précise-t-il.
Patrick Courcier, DS national Hypermarchés CFDT, signataire lui aussi, a voulu saluer la première étape que représente cet accord : « Il y a quelques années, l’accord préretraite marchait très bien à Carrefour. L’accord seniors reprend le même esprit, même si la compensation financière est nettement moindre pour le salarié… »

 

O. Quarante

 

(1) Au 1er janvier 2010, les entreprises de plus de 50 salariés qui n’auront pas conclu d’accord devront s’acquitter d’une amende équivalente à 1 % de leur masse salariale.

 

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CEC Magazine, novembre 2009
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