On connaît plus détendant que le Journal officiel comme lecture estivale. Début juillet, Lilou, Rémi, Stéphane, Nasredim et Sandy guettaient fébrilement la publication des décrets et arrêtés mettant sur orbite la rupture conventionnelle, créée en janvier par les partenaires sociaux et adoptée en juin par les parlementaires. Une insupportable attente pour ces salariés internautes qui déversaient leur mauvaise humeur sur le forum droit-finances.net. « J’en ai marre de cette administration qui fonctionne au ralenti dès lors que les grandes vacances arrivent !!! Après, les hautes instances s’étonnent qu’il y ait des suicides ou de longs arrêts maladie à cause du boulot !! Mais vu comment c’est long pour pondre un malheureux formulaire, y a de quoi en arriver à certains extrêmes !!! » se lamentait Lilou.
Pour elle comme pour tous les déserteurs en puissance, la délivrance est intervenue le 19 juillet. Depuis ce jour, tout titulaire d’un CDI peut, en toute légalité, entamer un divorce à l’amiable avec son patron. À mi-chemin entre la démission et le licenciement, ce nouveau mode de rupture ouvre droit au régime d’assurance chômage. Ainsi qu’au versement d’un petit pécule : une indemnité au moins égale à 1/5 de mois de salaire par année d’ancienneté. Du pain béni pour nombre de salariés qui, insatisfaits de leurs conditions de travail ou de leurs perspectives d’évolution, rêvent de se faire la malle...
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