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CONFLITS COLLECTIFS

L’intensité des grèves a continué à augmenter en 2014

L’intensité des grèves a continué à augmenter en 2014
En 2014, la part des entreprises ayant connu des grèves est en légère hausse (+ 0,2 point). Quant à l’intensification des grèves observée en 2013, elle se poursuit l’année suivante, mais de manière plus modérée. C’est ce que constate la Dares dans une étude publiée le 28 décembre 2016.

En 2014, 1,4 % des entreprises de dix salariés ou plus du secteur marchand non agricole ont connu un ou plusieurs arrêts collectifs de travail (grèves ou débrayages), un taux en légère augmentation par rapport à 2013 (+ 0,2 point), constate la Dares dans une étude du 28 décembre. L’intensité des grèves a continué à augmenter par rapport à 2013, mais de manière plus modérée.

Des grèves plus intenses

Le nombre moyen de journées indivi duelles non travaillées (JINT) pour 1000 salariés ne progresse que de deux jours (contre 19 jours en 2013), se situant à 81 JINT pour 1 000 salariés. Rapporté aux seules entreprises ayant connu au moins une grève, il passe de 322 jours en 2013 à 356 en 2014. L’intensification de ces grèves y est plus modérée (+ 34 jours) que l’année précédente (+ 72 jours).

L’intensité de la conflictualité varie selon les secteurs d’activité. Dans l’industrie, le nombre de JINT augmente de 15 jours en passant de 96 à 111 jours pour 1 000 salariés. Cette hausse est notamment due à la progression de la conflictualité dans les entreprises des industries extractives, énergie, eau, gestion des déchets et dépollution en 2014. C’est dans ces entreprises que la Dares observe la plus forte hausse de la part des entreprises concernées par un arrêt collectif de travail (+ 5 points) ainsi qu’une progression très sensible de 120 jours avec 270 jours de grève pour 1 000 salariés. Un mouvement de grève dans les entreprises des industries électriques et gazières (IEG) a, en effet, eu lieu pour la défense de leur statut dans le cadre de la loi de transition énergétique.

Malgré une légère hausse de la part des entreprises concernées par des grèves dans les services (+ 0,5 point), le nombre de jours de grève, qui se situe à 22 jours pour 1 000 salariés, est en baisse (- 14 jours). L’intensité des grèves dans ce secteur diminue également, le nombre de jours de grève pour 1 000 salariés passant de 188 à 136 au sein de ces entreprises.

Un peu moins d’entreprises du secteur du commerce déclarent au moins une grève en 2014, mais le nombre de jours de grève a fortement augmenté au sein des entreprises concernées.

Celles liées aux rémunérations progressent

Les rémunérations demeurent le thème vedette des mobilisations en 2014. Ainsi, 55 % des entreprises déclarant avoir connu au moins une grève indiquent que les revendications salariales figurent parmi les motifs de grèves. Son poids relatif progresse sensiblement par rapport à l’année précédente (+ 10 points).

En revanche, les grèves liées à l’emploi baissent considérablement. 15 % des entreprises ayant connu au moins un conflit déclarent des grèves sur ce thème, soit plus de deux fois moins qu’en 2013 (- 19 points). Le pic des revendications sur ce thème en 2013 s’explique par les mobilisations suite à l’accord national interprofessionnel sur la sécurisation de l’emploi du 11 janvier 2013 et les négociations sur l’emploi (notamment, par la mise en place du contrat de génération).

Les revendications liées aux conditions de travail sont invoquées dans 19 % des conflits. Quant au temps de travail, il continue de motiver environ une grève sur dix.

Une hausse des autres formes de mobilisation

Rassemblement, manifestation, pétition, occupation, boycott… La conflictualité collective au sein des entreprises peut se manifester sous d’autres formes que la grève, de façon alternative ou complémentaire à celle-ci.

En 2014, 2,2 % des entreprises déclarent une autre forme de mobilisation que la grève : 1,9 % au moins un rassemblement et/ou une manifestation et 1,3 % au moins une pétition. Par rapport à 2013, ces formes de conflit sont en hausse (+ 0,8 point) retrouvant un niveau proche de 2012 (2,3 %). Cette augmentation concerne principalement les rassemblements et/ou les manifestations, modalités qui peuvent également recouvrir aussi les journées de mobilisations interprofessionnelles ou nationales.

Enfin constate la Dares, parmi les seules entreprises ayant connu au moins une grève, la fréquence des autres formes de mobilisation reste stable : 26,5 % (contre seulement 1,8 % des entreprises « non grévistes »).

DARES, Analyses n° 085, décembre 2016
www.wk-ce.fr/actualites/upload/dares-085-greves-2014-28decembre2016.pdf

Liaisons Sociales Quotidien, 05/01/2017
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