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FORMATION

VAE : l’Igas propose des pistes pour sortir le dispositif de la stagnation

VAE : l’Igas propose des pistes pour sortir le dispositif de la stagnation
Améliorer l’information en créant un portail, créer un service d’accompagnement chez chaque certificateur, améliorer la rémunération des jurys, développer les validations collectives. Telles sont quelques-unes des recommandations formulées par l’Igas et l’IGAENR dans un rapport rendu public le 10 avril sur l’évaluation des politiques publiques en matière de VAE.

Au contraire de ce qui se passe chez certains de nos voisins européens, la validation des acquis de l’expérience (VAE) stagne en France. D’après un rapport de l’Igas et de l’IGAENR (l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche), mis en ligne le 10 avril par le ministère de l’Éducation nationale, les pouvoirs publics ont omis, ces dernières années, de lever les obstacles identifiés au développement de la VAE. Parmi les faiblesses du dispositif les auteurs pointent une gouvernance et un pilotage défaillants. Pour y remédier, la mission propose notamment de mettre en place un comité interministériel spécialisé et présidé par le Premier ministre. Les auteurs formulent aussi une série de préconisations afin de simplifier la VAE et permettre la montée en puissance des projets collectifs.

Améliorer l’information et le traitement des demandes


La lisibilité des certifications accessibles par la VAE doit être améliorée, car un grand nombre de candidats potentiels ne parvient pas à identifier la certification qui correspond à leur expérience. En ce sens un portail d’information adapté à la recherche d’une certification par la VAE devrait être créé. Par ailleurs, pour améliorer la phase de conseil et inciter les candidats à y recourir, les nombreux points relais conseil (PRC) devraient être remplacés par un « guichet unique inter-certificateur », doté d’un système informatique permettant le partage des dossiers de recevabilité.

Le déroulement de l’étape de recevabilité doit aussi être sécurisé d’un point de vue juridique. En effet, aujourd’hui, la loi exige du candidat une expérience professionnelle « en rapport direct avec le contenu de la certification ». Or, ce lien direct fait l’objet de diverses interprétations. On ne devrait notamment pas pouvoir exiger des expériences dans plusieurs activités. De plus, afin de réduire la durée des parcours de VAE, le délai laissé au certificateur pour se prononcer sur la recevabilité devrait être ramené à un mois à partir du moment où le dossier est complet.

Renforcer l’accompagnement


Les différents financeurs de la VAE devraient passer entre eux des conventions pour éviter toute rupture de financement liée à un changement de situation professionnelle.

En outre, l’accompagnement à la VAE devrait être gratuit pour les candidats. Il faudrait aussi qu’il soit organisé au niveau de chaque certificateur au sein d’un service dédié et qu’il soit rendu obligatoire pour les bas niveaux de certification (niveaux IV et V).

Le rapport note aussi que le candidat à la VAE doit produire un écrit réflexif, souvent appelé « livret 2 », apportant la preuve de l’acquisition de ses compétences. Cet exercice peut s’avérer insurmontable pour une personne peu ou pas qualifiée visant un diplôme de bas niveau. C’est pourquoi les attendus de chaque écrit doivent être définis précisément et en fonction de la certification visée.

Favoriser l’organisation des jurys


Pour réduire encore la durée des parcours de VAE, les dates de tenue des jurys devraient être planifiées selon un calendrier annuel et national. Ce calendrier serait communiqué aux candidats dès la recevabilité prononcée. La régularité des sessions pourrait être améliorée en développant des modalités de jury dématérialisées. Les membres pourraient se prononcer de façon asynchrone et échanger avec le candidat sous forme audio ou vidéo. En outre, le nombre de membres des jurys ou au moins des commissions d’interrogation orale devrait être limité. Afin que la participation aux jurys reste attractive, elle ne devrait pas ouvrir droit à un niveau de rémunération dissuasif. De plus, la formation et l’animation des membres des jurys devraient être renforcées.

Encourager les validations partielles


Les textes devraient reconnaître la possibilité d’entrer dans une démarche de VAE pour obtenir une validation partielle. Ainsi une demande serait recevable même si elle ne vise pas une validation totale d’un titre. La loi devrait aussi reconnaître les VAE « mixte » incluant des formations professionnelles préalables au passage devant le jury.

Par ailleurs, pour les inspections, les recommandations des jurys aux candidats sont insuffisantes en cas de validation partielle. Chaque jury devrait ainsi établir un rapport circonstancié de sa décision et apporter des conseils pour la poursuite du parcours, tant vers une nouvelle VAE que vers une formation professionnelle complémentaire. Afin de simplifier l’identification et l’obtention des compétences nécessaires pour compléter la validation des certifications, les formations devraient être construites à partir des mêmes blocs de compétences que ceux constituant les titres et diplômes. En outre, les modules de formation devraient être mis en ligne pour pouvoir être suivi à distance.

Développer la VAE collective et la VAE des demandeurs d’emploi


Très peu développés, les projets collectifs de validation des acquis de l’expérience permettent à plusieurs salariés ou demandeurs d’emploi de profiter du dispositif simultanément. Le rapport propose que soit fixé chaque année un nombre de demandeurs d’emploi à intégrer dans une démarche VAE, dans la continuité de ce qui a été fait dans le cadre du plan « 500 000 formations supplémentaires ». L’objectif serait de renforcer la place des VAE collectives qui simplifient le parcours du candidat et permettent d’obtenir des taux de validation supérieurs aux démarches individuelles.

Par ailleurs, à titre incitatif, les demandeurs d’emploi en VAE devraient bénéficier du statut de stagiaire de la formation pendant une durée de deux mois. De plus, il faudrait prévoir dans le Code du travail la possibilité pour les salariés, en cas de licenciement ou de fin de CDD, de démarrer une démarche de VAE pendant la période de préavis et sur leur temps de travail.

www.wk-ce.fr/actualites/upload/rapport-igas-igaenr-politique-publique-vae-10avril2017.pdf

Liaisons Sociales Quotidien, 19/04/2017
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