Depuis le 21 octobre dernier, date de l’annonce du plan de restructuration de la Redoute devant conduire à 672 licenciements en quatre ans, le comité d’entreprise est sur le pont. Une dizaine de rencontres avec la direction plus tard, le climat reste tendu. Même si, les élus en conviennent, l’entreprise est confrontée à une grave crise. On parle d’un chiffre d’affaires en recul de 8 % depuis le début 2008. « La Redoute est restée longtemps leader de la VPC avec une dizaine de concurrents sérieux et n’a pas raté le virage Internet. Mais, l’environnement a changé. Nous devons faire avec une centaine de concurrents de taille tout à fait honorable. À cela s’ajoute la perte du pouvoir d’achat… », explique Jean-Michel Castaing, délégué syndical central CFE-CGC.
Pour autant, pas question de tout brader, « surtout lorsque l’on sait que la Redoute est filiale de PPR », avance Jean-Claude Blanquart, élu CFDT au CE. Il y a donc eu une manifestation le 9 février, à Paris, devant le siège du groupe, et quelques claquements de porte lors des discussions du volet économique du plan. Le CE a refusé de rencontrer le patron de GBS-Plus, l’une des sociétés que devrait reprendre l’activité saisie de commandes de la Redoute, après que la direction a refusé de revenir sur les solutions alternatives élaborées avec l’expert du cabinet Apex, permettant d’éviter le transfert de l’activité courrier. Depuis mi-février, les partenaires sociaux ont entamé le volet social.
En parallèle, le CE a demandé la convocation du CHSCT et la nomination d’un expert « afin d’analyser les prochaines conditions de travail des salariés au lendemain des réorganisations. Il y a fort à craindre une surcharge de travail et une montée du stress, prédit l’élu. On attend de savoir si des renforts et des formations pour les personnes qui ont changé de métier seront nécessaires ». Le CE rendra son avis après la remise du rapport. « Le but n’est pas de jouer la montre mais plutôt de durcir le ton pour enfin se faire entendre », ajoute ce dernier. En jeu : un plan de départs volontaires pour les plus de 56 ans susceptible d’intéresser 250 seniors ; des indemnités de licenciement correctes ; et la mise en place de contrats de transition professionnelle.
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